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...Par Étude Hydraulique
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Exercice : Conception d'un Bloc Foré Hydraulique

Titre Outil

RESSOURCES HYDRAULIQUES
Analyse d'une suspension hydropneumatique

Comprendre le confort et la rigidité variable.

Calcul du taux de compression d'un accumulateur

Optimisez le stockage d'énergie.

Dimensionnement des tuyauteries

Évitez les pertes de charge inutiles.

Chute de pression dans un distributeur proportionnel

Maîtrisez la précision du débit.

Analyse d'un circuit de direction assistée

La technologie au service de la conduite.

Conception d'un circuit de presse

Puissance et sécurité industrielle.

Conception d’un Bloc Foré Simple

Contexte : L'évolution vers l'intégration hydraulique

L'oléohydraulique est la technologie de transmission de puissance par huile sous pression. Historiquement, les machines (presses, engins TP) étaient câblées avec des centaines de mètres de tuyauterie rigide et flexible. Cette approche présentait des défauts majeurs : encombrement, vibrations, et surtout, des points de fuite potentiels à chaque raccord.

Aujourd'hui, l'industrie moderne a opéré une mutation vers les systèmes "intégrés". Au cœur de cette révolution se trouve le Bloc ForéBloc d'acier massif dans lequel sont usinés les canaux de passage du fluide. (ou Manifold). Il s'agit d'un bloc d'acier massif (généralement parallélépipédique) qui fait office de "carte mère" hydraulique. Tous les composants de régulation (distributeurs, valves de pression, clapets) viennent se fixer directement sur ses faces. À l'intérieur, un réseau tridimensionnel de canaux usinés assure la circulation du fluide entre ces composants, remplaçant ainsi les tuyaux.

L'enjeu de la conception interne

Concevoir ces canaux invisibles est un art complexe. Contrairement à un tuyau externe que l'on peut remplacer s'il est trop petit, un canal foré dans la masse est définitif. Le concepteur doit donc réussir du premier coup le dimensionnement géométrique. C'est ici que la physique impose ses lois impitoyables :

  • La thermique : Un fluide qui circule trop vite s'échauffe par friction visqueuse contre les parois. Dans un bloc d'acier massif, cette chaleur est difficile à évacuer. Si l'huile dépasse 60°C, sa durée de vie chute exponentiellement.
  • La mécanique : Pour faire passer beaucoup de débit, il faut de gros trous. Mais de gros trous fragilisent la structure du bloc. Sous des pressions de 250 ou 300 bar, un bloc mal dimensionné peut se deéformer (bloquant les tiroirs des valves) voire se fissurer, ce qui est catastrophique pour la sécurité.

Cet exercice vous place dans le rôle du bureau d'études. Vous allez devoir naviguer entre ces contraintes contradictoires pour valider la faisabilité d'un bloc avant son usinage coûteux.

Remarque Pédagogique : Le Dilemme du Concepteur

Cet exercice met en lumière le compromis fondamental auquel tout hydraulicien est confronté lors de la conception de blocs forés (manifolds). Vous allez devoir jongler entre deux contraintes physiques opposées :

  • La Mécanique des Fluides (L'écoulement) : Pour que l'huile circule bien, il faut de l'espace. Un canal trop étroit force le fluide à accélérer, créant des frottements (pertes de charge) qui se transforment en chaleur. Cette chaleur dégrade l'huile et les joints, et gaspille de l'énergie. L'hydraulicien "pur" voudrait donc des diamètres énormes.
  • La Résistance des Matériaux (La tenue mécanique) : Pour contenir la pression (250 bar, soit 250 kg sur chaque cm² !), il faut de la matière. Si on perce de trop gros trous dans un bloc de taille finie, les parois deviennent fines comme du papier à cigarette. Sous des hautes pressions, le bloc gonflerait et finirait par se fissurer ou éclater, projetant de l'huile à haute pression (danger mortel). Le mécanicien "pur" voudrait donc des trous minuscules pour garder des murs épais.

L'objectif clé : Trouver le "juste milieu". Le diamètre doit être assez grand pour que l'huile ne chauffe pas (vitesse < 5 m/s), mais assez petit pour laisser suffisamment d'acier autour (épaisseur de sécurité) afin que le bloc ne se transforme pas en grenade. De plus, nous intégrerons une contrainte de fabrication : l'utilisation d'outils standards (forets), car en industrie, le sur-mesure coûte cher.


Objectifs Pédagogiques

À l'issue de cet exercice, l'apprenant devra être capable de maîtriser les compétences techniques transversales suivantes, essentielles pour tout concepteur de systèmes hydrauliques :

  • Maîtriser le dimensionnement fluidique (Mécanique des Fluides) : Savoir déterminer le diamètre interne optimal (d) d'une canalisation en fonction d'un débit imposé (Q). L'objectif est de comprendre physiquement le lien entre la section de passage et la vitesse du fluide pour éviter les phénomènes parasites : pertes de charge excessives (chute de pression), échauffement thermique du fluide (dégradation de l'huile et des joints) et risques de cavitation (bruit et destruction des composants).
  • Garantir l'intégrité structurelle (Résistance des Matériaux) : Être capable de calculer l'épaisseur de paroi minimale (e) nécessaire pour qu'un bloc d'acier résiste aux contraintes de traction tangentielles générées par la haute pression interne (250 bar). Cela implique de savoir manipuler les caractéristiques matériaux (limite élastique Re) et d'appliquer rigoureusement les coefficients de sécurité (s) normatifs pour protéger les opérateurs contre les risques d'éclatement.
  • Arbitrer le compromis Performance / Encombrement : Comprendre la dualité de la conception hydraulique : on cherche à maximiser le diamètre pour le rendement (moins de pertes), tout en cherchant à le minimiser pour la compacité et le coût (bloc plus petit). L'étudiant apprendra à trouver le point d'équilibre qui satisfait toutes les contraintes.
  • Intégrer les contraintes d'Industrialisation : Passer du "calcul théorique exact" à la "réalité de l'atelier". L'objectif est d'apprendre à adapter un résultat mathématique (ex: 13.03 mm) aux standards de fabrication (choix d'un foret standard de 14 mm), une compétence cruciale pour concevoir des systèmes réalisables et économiquement viables.

Données de l'étude : Dimensionnement d'un Bloc Foré

1. Contexte Industriel

Dans le cadre de la conception d'une centrale hydraulique pour une presse d'injection plastique, vous êtes chargé de dessiner le bloc de distribution (aussi appelé manifold ou bloc foré). Ce composant critique permet d'interconnecter la pompe, le limiteur de pression et le distributeur principal sans utiliser de tuyauterie externe, réduisant ainsi les risques de fuites et l'encombrement général.

Le bloc est réalisé à partir d'un brut d'acier, dans lequel des canaux sont usinés par perçage profond. La problématique majeure réside dans le choix des diamètres de ces perçages :

  • Trop petits : La vitesse du fluide explose, générant des pertes de charge (chute de pression), de l'échauffement (dégradation de l'huile) et du bruit (sifflement).
  • Trop grands : L'épaisseur de matière restante entre les canaux diminue, risquant la rupture du bloc sous la haute pression (éclatement interne ou externe). De plus, le bloc devient inutilement lourd et coûteux.

Votre mission est de dimensionner le canal principal de pression (Ligne P) qui relie l'arrivée de la pompe à l'entrée du distributeur 4/3.

2. Géométrie et Architecture du Bloc

Pour structurer votre compréhension, voici les deux vues principales du projet de bloc foré. Ces schémas définissent l'organisation spatiale du canal interne.

Vue en Plan (Dessus)
Longueur du bloc (L) Ligne P (Canal principal)
Vue en Coupe Transversale
d ? e ? Matière : Acier E355
3. Cahier des Charges Technique

Le bureau d'études a figé les paramètres de fonctionnement suivants, basés sur le cycle machine le plus contraignant :

Paramètre Symbole Valeur Unité Notes Techniques
Débit nominal \(Q\) 40 L/min Débit maximal délivré par la pompe à cylindrée fixe.
Pression maximale \(P_{\text{max}}\) 250 bar Réglage du limiteur de pression de sécurité.
Vitesse limite fluide \(V_{\text{max}}\) 5 m/s Norme interne pour les lignes de pression (pour éviter la cavitation et l'échauffement).
Matériau - Acier E355 - Acier de construction mécanique standard, bonne usinabilité.
Limite élastique \(R_{\text{e}}\) 355 MPa Contrainte à partir de laquelle l'acier se déforme définitivement.
Coefficient de sécurité \(s\) 3 - Marge de sécurité obligatoire pour les équipements sous pression (Directive DESP).
4. Travail Demandé

Pour valider la conception de ce bloc foré, vous devez mener l'étude analytique suivante :

  1. Calcul hydraulique : Déterminer le diamètre minimal théorique de perçage (\(d\)) nécessaire pour laisser passer le débit de 40 L/min sans que la vitesse du fluide ne dépasse 5 m/s.
    Indice : Pensez à convertir les unités en système international avant tout calcul.
  2. Calcul de Résistance des Matériaux (RDM) : En considérant le bloc comme un tube épais (ou mince par simplification), calculer l'épaisseur de paroi minimale (\(e\)) requise pour résister à une pression de 250 bar.
    La contrainte admissible dans le matériau devra prendre en compte le coefficient de sécurité imposé.
  3. Conception et Normalisation : À partir des résultats précédents, choisir un diamètre de foret standard dans la liste disponible à l'atelier (10, 12, 14, 16 mm).
    Vérifier ensuite que ce choix standard respecte à la fois la condition de vitesse (hydraulique) et la condition de résistance (mécanique).

Les bases théoriques du Dimensionnement Hydraulique

La conception d'un composant hydraulique ne s'improvise pas. Elle repose sur la maîtrise simultanée de deux domaines physiques distincts mais complémentaires : la dynamique des fluides pour l'écoulement interne et la résistance des matériaux pour la tenue mécanique externe.

1. La Loi du Débit et la Gestion des Vitesses
Le débit (\(Q\)) est le volume de fluide qui traverse une section donnée par unité de temps. C'est le produit de la vitesse moyenne du fluide (\(V\)) par la surface de la section de passage (\(S\)). Cette relation est fondamentale car elle lie une grandeur de performance (le débit, souvent imposé par le récepteur) à une grandeur géométrique (le diamètre du tuyau).

Pourquoi la vitesse est-elle critique ?
Si le diamètre est trop petit, la vitesse augmente pour laisser passer le même débit (conservation de la masse). Or, les pertes de charge (frottements) sont proportionnelles au carré de la vitesse (\(V^2\)). Doubler la vitesse multiplie par 4 l'échauffement et la perte d'énergie ! C'est pourquoi on fixe des vitesses limites empiriques :

  • Aspiration : \(V < 1 \text{ m/s}\) (pour éviter la cavitation destructive de la pompe).
  • Retour réservoir : \(V < 2 \text{ à } 3 \text{ m/s}\) (pour éviter les contre-pressions).
  • Haute Pression (notre cas) : \(V < 5 \text{ à } 6 \text{ m/s}\) (compromis entre pertes de charges acceptables et taille des composants).

Relation Débit-Vitesse pour une section circulaire

\[ Q = V \cdot S = V \cdot \frac{\pi \cdot d^2}{4} \]

Où :

  • \(Q\) : Débit en mètres cubes par seconde (\(\text{m}^3/\text{s}\))
  • \(V\) : Vitesse en mètres par seconde (\(\text{m}/\text{s}\))
  • \(d\) : Diamètre intérieur en mètres (\(\text{m}\))

2. Résistance des Enveloppes sous Pression (RDM)
Un bloc foré ou un tuyau soumis à une pression interne tend à éclater. La pression du fluide pousse radialement sur les parois, créant une contrainte de traction dans la matière appelée contrainte tangentielle (ou circonférentielle). L'épaisseur de la paroi (\(e\)) agit comme un "bouclier" : plus elle est épaisse, plus la contrainte est répartie et faible.

Critère de Rupture :
L'acier ne doit jamais travailler au-delà de sa limite élastique (\(R_{\text{e}}\)), sinon il se deéforme définitivement et finit par rompre. Pour garantir la sécurité des personnes, on n'utilise jamais \(R_{\text{e}}\) directement, mais une Résistance Pratique au Glissement (\(R_{\text{pg}}\)), qui inclut une marge de sécurité (\(s\)).

Calcul d'épaisseur minimale (Formule de Mariotte simplifiée pour tubes minces)

\[ e \ge \frac{P \cdot d}{2 \cdot R_{\text{pg}}} \]

Avec :

  • \(P\) : Pression interne relative (sans la pression atmosphérique).
  • \(d\) : Diamètre intérieur du canal.
  • \(R_{\text{pg}} = R_{\text{e}} / s\) : La contrainte maximale autorisée.

Note Expert : Cette formule "tubes minces" est une approximation légèrement optimiste. Pour les blocs forés très épais, les ingénieurs utilisent les formules de Lamé (plus complexes). Cependant, l'approximation de Mariotte reste largement suffisante pour un pré-dimensionnement rapide en bureau d'études, surtout avec un coefficient de sécurité de 3 ou 4.

3. L'importance cruciale de la Conversion d'Unités
L'hydraulique est un domaine "piège" pour les unités. Dans l'atelier, on parle en bars (pression) et en L/min (débit). Mais les formules physiques (et RDM) ne fonctionnent qu'avec le Système International (SI) ou des unités cohérentes (N, mm, MPa). Ne pas convertir est l'erreur n°1 des débutants et mène à des catastrophes (résultats faux d'un facteur 10, 60 ou 1000 !).

Les Conversions à connaître par cœur

\[ 1 \text{ L/min} = \frac{1}{60000} \text{ m}^3/\text{s} \] \[ 1 \text{ bar} = 0.1 \text{ MPa} = 100 000 \text{ Pa} \]

Astuce Mémo :

  • Pour passer des L/min aux m³/s, divisez par 60 000.
  • Pour la RDM, travaillez toujours en Newtons (N) et millimètres (mm). Dans ce système, la pression doit être en MPa (N/mm²). Donc, divisez vos bars par 10.


Correction : Conception d'un Bloc Foré Simple

Question 1 : Calcul du Diamètre de Perçage (d)

Principe

Le dimensionnement du diamètre est la première étape critique de la conception. Nous sommes face à un problème d'écoulement. Le débit (\(Q\)) est imposé par la pompe (c'est une donnée fixe du système). Le fluide doit traverser le bloc pour atteindre le distributeur.

Notre objectif est de définir la taille du "tunnel" (le canal) que le fluide va emprunter. La physique nous impose une contrainte majeure : la vitesse. Si le tunnel est trop étroit (diamètre trop petit), le fluide devra accélérer pour conserver le débit (loi de conservation de la masse). Cette accélération excessive provoque des frottements intenses contre les parois (pertes de charge), transformant l'energy hydraulique en chaleur.

Nous devons donc calculer le diamètre strictement minimum qui permet au fluide de circuler sans dépasser la vitesse limite de 5 m/s, seuil au-delà duquel les problèmes de turbulences et d'échauffement deviennent critiques.

Mini-Cours : La Continuité

L'équation de continuité est la clé de voûte de l'hydraulique : \(Q = S \cdot V\).

Imaginez une autoroute. Si le nombre de voitures par heure (le débit) est constant, mais que le nombre de voies (la section) diminue, les voitures doivent rouler plus vite pour ne pas créer de bouchon. C'est exactement ce qui se passe avec l'huile.

  • Grande Section = Vitesse Lente (Écoulement calme, peu de pertes).
  • Petite Section = Vitesse Rapide (Frottements, chaleur, bruit).
Remarque Pédagogique

En hydraulique industrielle, le sous-dimensionnement des diamètres est la cause n°1 des surchauffes chroniques des centrales. Un canal trop petit agit comme un radiateur à l'envers : il crée de la chaleur en permanence dès que la machine fonctionne.

Normes et Règles de l'art

Il n'existe pas de loi universelle, mais des recommandations issues de l'expérience (normes CETOP). Pour les lignes de pression (haute pression), on tolère des vitesses plus élevées que pour l'aspiration car l'huile est comprimée et moins sujette à l'aération.
Valeurs usuelles :

  • Aspiration : 0.5 à 1.2 m/s (vitesse très lente obligatoire).
  • Retour : 2 à 3 m/s.
  • Pression < 100 bar : 4 m/s.
  • Pression > 200 bar (Notre cas) : 5 à 6 m/s.
Formule(s) : De la théorie à la pratique

Manipulation de la formule du débit

Nous partons de la formule de base :

1. Définition du débit volumique

\[ Q = V \times S \]

La section \( S \) d'un canal circulaire (un rond) se calcule avec le diamètre :

2. Géométrie du cercle

\[ S = \frac{\pi \cdot d^2}{4} \]

En combinant les deux, on exprime le débit en fonction du diamètre :

3. Formule combinée

\[ Q = V \cdot \frac{\pi \cdot d^2}{4} \]

C'est \(d\) que nous cherchons. Il faut donc "retourner" la formule. On multiplie par 4 et on divise par \(\pi \cdot V\) :

4. Isolation du carré du diamètre

\[ d^2 = \frac{4 \cdot Q}{\pi \cdot V} \]

Enfin, on prend la racine carrée pour obtenir \( d \) :

5. Expression Finale du Diamètre

\[ d = \sqrt{\frac{4 \cdot Q}{\pi \cdot V_{\text{max}}}} \]
Hypothèses de calcul

Pour que ce calcul soit valide, nous supposons :

  • Fluide incompressible : La densité de l'huile ne change pas avec la vitesse.
  • Écoulement permanent : Le débit est constant, pas de coups de bélier pour l'instant.
  • Section pleine : Le tuyau est rempli à 100% d'huile (pas d'air).
Donnée(s)
ParamètreSymboleValeurUnité
Débit\(Q\)40L/min
Vitesse Limite\(V_{\text{max}}\)5m/s
Astuces : Le piège des unités

Attention danger ! Le débit est donné en L/min (litres par minute), mais la vitesse est en m/s (mètres par seconde). Si vous mélangez ces unités, le résultat sera faux d'un facteur immense. Il faut impérativement tout convertir en Système International (SI) : le mètre cube (\(\text{m}^3\)) et la seconde (\(\text{s}\)).

Schéma Initial (Le problème posé)

Nous avons un flux de 40 L/min qui doit entrer dans un canal. Si le canal est trop petit, ça bouchonne (vitesse trop élevée).

d ? Q = 40 L/min
Calculs Détaillés
Étape 1 : Conversion du débit

Nous devons passer des Litres aux Mètres Cubes, et des Minutes aux Secondes.
Rappel : \(1 \text{ m}^3 = 1000 \text{ L}\) (donc \(1 \text{ L} = 0.001 \text{ m}^3\)) et \(1 \text{ min} = 60 \text{ s}\).

Conversion du Débit Q

\[ \begin{aligned} Q &= 40 \text{ L/min} \\ &= \frac{40 \times 0.001 \text{ m}^3}{60 \text{ s}} \\ &= \frac{0.040}{60} \\ &\approx 0.000667 \text{ m}^3/\text{s} \end{aligned} \]

Ce chiffre semble minuscule (\(6.67 \cdot 10^{-4}\)), mais c'est normal : un mètre cube par seconde est un débit énorme (comme une rivière en crue). C'est cette valeur précise que nous utiliserons.

Étape 2 (Optionnelle) : Visualisation de la Section

Avant de trouver le diamètre, calculons la surface de passage "pure" nécessaire. C'est l'aire du trou.

Calcul de la Section S

\[ \begin{aligned} S &= \frac{Q}{V} \\ &= \frac{0.000667}{5} \\ &\approx 0.0001334 \text{ m}^2 \end{aligned} \]

Cela correspond à \(1.33 \text{ cm}^2\). C'est la taille du trou que l'huile "demande" pour être à l'aise.

Étape 3 : Calcul du Diamètre

Application numérique

Nous injectons nos valeurs SI dans la formule finale :

1. Calcul du terme sous la racine

\[ \begin{aligned} \text{Terme} &= \frac{4 \cdot Q}{\pi \cdot V} \\ &= \frac{4 \times 0.000667}{\pi \times 5} \\ &= \frac{0.002668}{15.708} \\ &\approx 0.00016985 \text{ m}^2 \end{aligned} \]

Ce terme correspond en réalité au diamètre au carré (\(d^2\)).

2. Extraction de la racine carrée

\[ \begin{aligned} d &= \sqrt{0.00016985} \\ &\approx 0.013032 \text{ m} \end{aligned} \]

Le résultat brut est en mètres. Pour le rendre exploitable par l'usineur, nous le convertissons en millimètres en multipliant par 1000 :

\( d \approx 13.03 \text{ mm} \)

Ceci est la limite physique absolue. Tout diamètre inférieur à 13.03 mm fera dépasser la vitesse de 5 m/s.

Schéma (Résultat)

Le diamètre minimal a été identifié. Le flux est maintenant théoriquement maîtrisé.

d = 13.03 mm
Réflexions & Analyse

Nous obtenons un diamètre théorique de 13.03 mm.
Le problème est le suivant : aucun fabricant de forets standards ne vend de foret de "13.03 mm". Si nous demandons cet outil spécifique, il devra être fabriqué sur mesure, ce qui coûtera une fortune et prendra des semaines.
La réalité industrielle nous oblige donc à choisir une valeur standard. Mais attention : si nous prenons 13 mm (valeur inférieure), la section diminue, donc la vitesse augmente et dépasse 5 m/s. Nous serons donc obligés de choisir une valeur supérieure (par exemple 14 mm) à la prochaine étape, pour rester en sécurité (vitesse < 5 m/s).

Points de vigilance

Erreur classique : Ne jamais arrondir un calcul de diamètre hydraulique à l'inférieur (ex: 13.03 -> 13 mm) sans revérifier la vitesse. Une petite réduction de diamètre entraîne une augmentation quadratique des pertes de charge !

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser pour votre carrière :

  • La vitesse du fluide est le facteur dimensionnant principal d'un circuit.
  • Le diamètre évolue comme la racine carrée du débit : \(d \propto \sqrt{Q}\). Si vous doublez le débit, le diamètre n'a besoin d'être multiplié que par 1.41 (racine de 2).
Le saviez-vous ?

En très haute pression (400 à 700 bar), on tolère parfois des vitesses plus élevées (jusqu'à 8-10 m/s) pour réduire la taille des blocs, au prix d'une consommation énergétique accrue.

FAQ
Peut-on utiliser un diamètre de 12 mm ?

Non. Avec 12 mm, la surface est plus petite que celle requise. Pour faire passer les 40 L/min, le fluide devra accélérer au-delà de 5 m/s. Cela créera de l'échauffement.

Pourquoi ne pas prendre directement 20 mm ?

C'est possible hydrauliquement (vitesse très basse, c'est super), mais mécaniquement, un trou de 20 mm fragilise beaucoup plus le bloc qu'un trou de 14 mm. Il faudrait un bloc plus gros, donc plus lourd et plus cher.

A vous de jouer
Si on tolérait une vitesse de 8 m/s (conduite très courte), quel serait le diamètre ?

📝 Mémo
Vitesse excessive = Chaleur + Bruit + Usure prématurée.


Question 2 : Calcul de l'Épaisseur de Paroi (e)

Principe Physique Fondamental

Imaginez le canal comme une infinité d'anneaux d'acier empilés. Le fluide sous pression (250 bar) pousse uniformément sur toute la surface intérieure vers l'extérieur. Il essaie d'agrandir le diamètre du trou.

Cette poussée crée une tension interne dans le métal : il est "étiré" le long de sa circonférence. C'est ce qu'on appelle la contrainte tangentielle (ou circonférentielle). Si cette contrainte dépasse la force de cohésion des atomes de fer (la limite élastique), le métal se deéforme irréversiblement (il gonfle), puis finit par se déchirer.

L'épaisseur de paroi (\(e\)) agit comme un "muscle" : plus il y a de matière, plus la force de pression est répartie sur une grande surface de métal, et plus la contrainte locale diminue. Notre but est de trouver l'épaisseur minimale pour que le métal "ne souffre pas" au-delà de sa limite de sécurité.

Mini-Cours : Résistance et Sécurité

1. La Limite Élastique (\(R_{\text{e}}\)) : C'est la ligne rouge du matériau. Pour l'acier E355, c'est 355 MPa. En dessous, l'acier agit comme un ressort (il revient à sa forme). Au-dessus, il reste déformé (plastification) ou casse.

2. Le Coefficient de Sécurité (\(s\)) : En ingénierie, on ne joue jamais avec la limite réelle. On divise cette limite par un coefficient \(s\) (ici 3) pour couvrir les incertitudes : défauts dans l'acier, pics de pression imprévus (coups de bélier), fatigue du métal due aux cycles pression/0 bar.

3. La Résistance Pratique (\(R_{\text{pg}}\)) : C'est notre limite de travail autorisée. \(R_{\text{pg}} = R_{\text{e}} / s\).

Remarque Pédagogique

Attention : On dimensionne toujours pour la pression maximale du tarage du limiteur de pression (250 bar), et non pour la pression moyenne de fonctionnement. Une seule pointe de pression suffit à détruire un bloc sous-dimensionné.

Normes et Formules

Pour des calculs précis de blocs forés (parois épaisses), on utilise normalement les formules de Lamé. Cependant, pour un pré-dimensionnement rapide ou quand le rapport épaisseur/diamètre est faible, on utilise la formule dite du "tube mince" ou formule de Mariotte (ou Barlow).

Formules utilisées

1. Calcul de la contrainte admissible

\[ R_{\text{pg}} = \frac{R_{\text{e}}}{s} \]

2. Équilibre des forces (Formule de Mariotte)

\[ e_{\text{min}} = \frac{P \cdot d}{2 \cdot R_{\text{pg}}} \]

Notez le facteur 2 au dénominateur : il vient du fait que la pression qui "ouvre" le tube sur un diamètre est retenue par deux épaisseurs de paroi (une de chaque côté).

Hypothèses de calcul

Nous simplifions le problème avec les hypothèses suivantes :

  • Matériau isotrope : L'acier a les mêmes propriétés dans toutes les directions.
  • Pression statique : On néglige les effets dynamiques instantanés (chocs).
  • Tube isolé : On ne prend pas en compte la présence d'autres trous à proximité qui pourraient affaiblir la structure (concentration de contraintes).
Donnée(s)
ParamètreSymboleValeurUnité
Pression Max\(P\)250bar
Limite Élastique\(R_{\text{e}}\)355MPa
Coef. Sécurité\(s\)3-
Diamètre calculé\(d\)13.03mm
Astuces : La guerre des unités (MPa vs Bar)

C'est le piège classique !
\(R_{\text{e}}\) est en MPa (MégaPascal).
\(P\) est en bar.
Vous devez convertir.
Rappel magique : \(1 \text{ MPa} = 1 \text{ N/mm}^2\) et \(1 \text{ bar} = 0.1 \text{ MPa}\).
Donc \(250 \text{ bar} = 25 \text{ MPa}\).

Schéma des Forces (Vue en coupe)

La pression rouge tente d'écarter les parois. L'acier bleu doit résister.

Pression P e ?
Calculs Détaillés
Étape 1 : Conversion de la Pression

Pour que la formule fonctionne, la pression et la résistance doivent être dans la même unité (le MPa est le plus pratique car \(1 \text{ MPa} = 1 \text{ N/mm}^2\)).

Pression en MPa

\[ \begin{aligned} P_{\text{bar}} &= 250 \text{ bar} \\ P_{\text{MPa}} &= 250 \times 0.1 \\ &= 25 \text{ MPa} \end{aligned} \]

Le fluide pousse donc avec une force de 25 Newtons sur chaque millimètre carré de surface.

Étape 2 : Calcul de la Résistance Pratique

On définit la limite à ne pas franchir. C'est la capacité théorique de l'acier divisée par notre marge de prudence.

Calcul de Rpg

\[ \begin{aligned} R_{\text{pg}} &= \frac{R_{\text{e}}}{s} \\ &= \frac{355}{3} \\ &\approx 118.33 \text{ MPa} \end{aligned} \]

Chaque mm² d'acier ne doit pas supporter plus de 118.33 N de traction.

Étape 3 : Calcul de l'épaisseur (Application Numérique)

On utilise le diamètre théorique calculé précédemment (13.03 mm) :

Calcul final de e

\[ \begin{aligned} \text{Force pression } (P \cdot d) &= 25 \times 13.03 = 325.75 \\ \text{Résistance matière } (2 \cdot R_{\text{pg}}) &= 2 \times 118.33 = 236.66 \\ e_{\text{min}} &= \frac{325.75}{236.66} \\ e_{\text{min}} &\approx 1.38 \text{ mm} \end{aligned} \]
L'épaisseur minimale de résistance est \( e \approx 1.38 \text{ mm} \).

Cela signifie que si la paroi fait moins de 1.38 mm, le bloc risque d'éclater à 250 bar (avec la sécurité prise en compte).

Schéma (Résultat)
e = 1.38 mm (Minimum RDM)
Réflexions Critiques (Très Important)

Le calcul nous donne 1.38 mm. C'est mathématiquement juste, mais industriellement absurde et dangereux pour plusieurs raisons :

  • Déformation élastique : Même si ça ne casse pas, une paroi aussi fine va "gonfler" sous pression (respiration du bloc). Si un tiroir de distributeur (ajusté au micron) se trouve à côté, il sera coincé par la déformation.
  • Usinage : Il est impossible de percer un trou de 13 mm droit sur une grande longueur si la paroi à côté est trop fine (le foret va dévier vers le vide).
  • Filetages : Il faut souvent visser des bouchons ou des raccords dans ces trous. Un filetage hydraulique demande beaucoup plus de matière autour pour ne pas arracher les filets.

Conclusion pratique : Ce calcul RDM nous donne la limite de "non-explosion". Dans la réalité, pour des raisons de rigidité, on mettra souvent 4 mm, 6 mm voire 10 mm d'épaisseur entre les canaux.

Points de vigilance

Ne jamais oublier le coefficient de sécurité (\(s\)). Si vous l'oubliez (\(s=1\)), vous calculez la pression exacte à laquelle le bloc explose. Le moindre pic de pression (coup de bélier) serait fatal !

Points à Retenir

L'essentiel à mémoriser :

  • La pression crée une force de traction qui veut "ouvrir" le tube.
  • L'épaisseur calculée est un MINIMUM de survie, pas une dimension de conception finale (qui doit inclure la rigidité).
Le saviez-vous ?

Les blocs sont souvent en acier doux (ex: S355 ou C45) car ils doivent être faciles à usiner, mais surtout avoir une bonne résilience (capacité à absorber l'énergie d'un choc sans casser net comme du verre).

FAQ
Et si on utilise de l'aluminium ?

L'aluminium (ex: 7075) a une limite élastique \(R_{\text{e}}\) plus faible (souvent autour de 200-250 MPa pour les alliages courants, bien que certains aéronautiques montent plus haut). De plus, il a une limite de fatigue plus basse. Pour la même pression, il faudrait une épaisseur \(e\) beaucoup plus grande.

Pourquoi divise-t-on par 2 dans la formule ?

Imaginez que vous coupez le tube en deux moitiés verticales. La pression pousse les deux moitiés à s'écarter. Cette force d'écartement est retenue par la matière en haut ET par la matière en bas de la coupe. Il y a deux sections de paroi qui travaillent, d'où le facteur 2.

A vous de jouer
Calculer l'épaisseur minimale \(e\) si la pression double (500 bar) ?

📝 Mémo
Le calcul RDM évite l'accident, le bon sens évite la panne.


Question 3 : Choix Standard et Conception Finale

Principe : Le Choc de la Réalité Industrielle

Nous avons calculé un diamètre théorique strict de 13.03 mm.
Si vous envoyez ce plan à l'atelier, l'usineur va vous rire au nez (ou vous facturer un foret sur-mesure à 500€). Dans l'industrie, on utilise des outils standards.
Le travail de l'ingénieur consiste à choisir la dimension standard disponible qui satisfait toutes les contraintes de sécurité et de performance.
La règle d'or : Pour un tuyau interne (passage de fluide), on arrondit toujours au diamètre supérieur.

  • Si on prend plus petit (ex: 13 mm) : La section diminue -> La vitesse augmente -> On dépasse la limite de 5 m/s -> Échauffement.
  • Si on prend plus grand (ex: 14 mm) : La section augmente -> La vitesse diminue -> C'est encore mieux pour le fluide (moins de pertes).

Mini-Cours : Les standards d'outillage

Forets Métriques Standards (DIN 338 / ISO 235) :
Au-dessus de 10 mm, les forets courants avancent généralement par pas de 0.5 mm ou 1 mm.
Disponibilités typiques : 10, 10.5, 11, ..., 13, 13.5, 14, 14.5, 15, 16...
Dans cet exercice, notre magasin d'outillage ne possède que les entiers pairs : 10, 12, 14, 16 mm. C'est une contrainte de stock réelle.

Normes

On respecte ici les normes d'outillage HSS (Acier Rapide) ou Carbure pour l'usinage.

Formule(s) de Validation

Critères de choix

\[ d_{\text{standard}} \ge d_{\text{calculé}} \]

Mais attention ! Changer le diamètre modifie aussi la résistance mécanique. Il faut revérifier l'épaisseur de paroi avec ce nouveau diamètre :

\[ e_{\text{nouveau}} = \frac{P \cdot d_{\text{standard}}}{2 \cdot R_{\text{pg}}} \]
Hypothèses

On suppose que l'état de surface du trou percé (rugosité) est correct pour l'écoulement (Ra 3.2 à 6.3 pour un perçage standard).

Donnée(s) : Stock Atelier
Référence ForetDiamètre Ø (mm)Statut
F-1010Disponible
F-1212Disponible
F-1414Disponible
F-1616Disponible
Astuces

Plus le trou est grand, mieux l'huile circule, mais plus le bloc est fragilisé. Il faut trouver le "plus petit des diamètres acceptables" pour garder un bloc compact et solide.

Choix des Forets
10 Trop petit 12 Trop petit 14 OK ! 16 OK (Large) Seuil 13.03 mm
Processus de Sélection
Étape 1 : Le tri par le diamètre

On compare les diamètres standards à notre seuil critique de 13.03 mm.

\[ \begin{aligned} 10 \text{ mm} &< 13.03 \text{ mm} \Rightarrow \color{ red}{\text{REJETÉ}} \\ 12 \text{ mm} &< 13.03 \text{ mm} \Rightarrow \color{red}{\text{REJETÉ}} \\ 14 \text{ mm} &> 13.03 \text{ mm} \Rightarrow \color{green}{\text{CANDIDAT}} \\ 16 \text{ mm} &> 13.03 \text{ mm} \Rightarrow \color{gray}{\text{CANDIDAT}} \end{aligned} \]

Nous retenons le candidat le plus économique : 14 mm.

Étape 2 : Validation Hydraulique (Vitesse Réelle)

Puisque le trou est plus grand (14 mm au lieu de 13.03 mm), la vitesse sera forcément plus basse. Calculons-la pour confirmer qu'elle est correcte.

Nouvelle vitesse V

\[ \begin{aligned} V_{\text{réelle}} &= \frac{4 \cdot Q}{\pi \cdot d_{\text{standard}}^2} \\ &= \frac{4 \times 0.000667}{\pi \times 0.014^2} \\ &= \frac{0.002668}{\pi \times 0.000196} \\ &= \frac{0.002668}{0.0006157} \\ &\approx 4.33 \text{ m/s} \end{aligned} \]

Verdict : \(4.33 \text{ m/s} < 5 \text{ m/s}\). La condition hydraulique est validée. Le fluide ne chauffera pas excessivement.

Étape 3 : Validation Mécanique (Nouvelle épaisseur requise)

Attention ! Un trou plus grand exerce plus de force sur les parois (la surface projetée \(P \times d\) augmente). L'épaisseur minimale calculée à la question 2 (1.38 mm) était valable pour 13.03 mm. Elle ne l'est plus tout à fait pour 14 mm. Recalculons le besoin structurel.

Nouveau e_min

\[ \begin{aligned} e_{\text{std}} &= \frac{P \cdot d_{\text{standard}}}{2 \cdot R_{\text{pg}}} \\ &= \frac{25 \times 14}{2 \times 118.33} \\ &= \frac{350}{236.66} \\ &\approx 1.48 \text{ mm} \end{aligned} \]

Il nous faut donc au minimum 1.48 mm de paroi autour de notre trou de 14 mm.
Note de conception : Si le bloc a une largeur extérieure fixe (ex: 50 mm) et que le trou est centré, il reste \((50 - 14)/2 = 18 \text{ mm}\) de paroi. 18 mm > 1.48 mm, donc c'est largement bon !

Schéma Final Validé
Choix : Ø14 mm R=7 V = 4.33 m/s
Réflexions de fin d'étude

Le choix de 14 mm est optimal. Si nous avions choisi 16 mm :
- La vitesse chuterait encore (vers 3.3 m/s), ce qui est bien.
- Mais le trou prendrait plus de place, obligeant peut-être à agrandir le bloc entier (surcoût matière inutile).

Points de vigilance : La dérive de perçage

Réalité Atelier : Un foret de 14 mm qui perce sur 300 mm de long ne sort pas tout droit ! Il peut dévier de 0.5 à 1 mm par 100 mm de profondeur. Si votre calcul RDM dit qu'il faut 1.48 mm de paroi, ne concevez jamais avec 1.5 mm ! Avec la dérive du foret, vous perceriez à travers le bloc. Prévoyez toujours une marge de sécurité géométrique (ex: gardez 5 mm minimum de paroi).

Points à Retenir

1. Le calcul donne une limite.
2. Le standard donne le diamètre.
3. Le diamètre standard impose de revérifier le calcul (Vitesse et RDM).

Le saviez-vous ?

Les blocs forés modernes sont conçus par des logiciels 3D qui vérifient automatiquement les distances minimales entre tous les trous (les "murs de sécurité") pour éviter que deux canaux ne se croisent par accident ou que les parois ne soient trop fines.

Solution retenue : Perçage Ø 14 mm.

A vous de jouer
Vérifier la vitesse pour un foret de 16 mm.

📝 Mémo
Un bon ingénieur calcule juste, puis choisit standard.


Synthèse de Conception : Le Bilan Technique de l'Étude

La validation finale d'un projet industriel ne se résume pas à une série de chiffres isolés. Elle nécessite une vision globale et cohérente du composant. Ce "Bilan" constitue le document de référence qui sera transmis au service fabrication (Usinage CNC) et au service contrôle qualité. Il récapitule les choix stratégiques effectués pour garantir la pérennité du système hydraulique et la sécurité des utilisateurs finaux.

Analyse Multiphysique de la Solution Validée

Un bloc foré bien conçu doit impérativement valider les trois piliers de l'ingénierie mécanique :

  • 1. La Performance Hydraulique (L'Écoulement) : En choisissant un diamètre de \(14 \text{ mm}\), nous avons abaissé la vitesse de \(5 \text{ m/s}\) (notre limite théorique de sécurité) à \(4.33 \text{ m/s}\) réels.
    Bénéfice : Cela garantit un fonctionnement silencieux (pas de sifflements de turbulences) et limite drastiquement les pertes de charge. Le fluide ne surchauffera pas, préservant ainsi la viscosité de l'huile et la durée de vie des composants coûteux (pompe, valves).
  • 2. La Sécurité Mécanique (La Résistance) : L'épaisseur de paroi minimale calculée (\(1.48 \text{ mm}\)) inclut déjà un coefficient de sécurité de \(s=3\).
    Implication : Bien que \(1.48 \text{ mm}\) soit la limite de calcul, la conception du bloc final prévoira des parois beaucoup plus massives (généralement \(\ge 6 \text{ mm}\)) pour absorber les vibrations haute fréquence du fluide et garantir que le bloc ne "respire" pas (dilatation élastique) sous les cycles de pression, ce qui pourrait coincer les tiroirs des distributeurs.
  • 3. La Viabilité Industrielle (L'Usinabilité) : Le passage du diamètre théorique (\(13.03 \text{ mm}\)) au diamètre standard Ø \(14 \text{ mm}\) est une décision économique majeure.
    Économie : Cela permet d'utiliser de l'outillage standard de l'atelier sans frais de commande spéciale. De plus, un foret standard de Ø\(14\) possède une rigidité connue, ce qui limite les risques de dérive lors du perçage profond du bloc.

Schéma Bilan de Conception Final

Ce plan de synthèse récapitule les caractéristiques géométriques et physiques du canal "Pression" validé pour le lancement en production.

Flux Validé : V = 4.33 m/s Ø 14 mm (Foret Std) 250 bar Matière massive (e_mini RDM > 1.48 mm) SYNTHÈSE TECHNIQUE VALIDÉE : CONFORME AUX NORMES DE SÉCURITÉ

Analyse conclusive : L'exercice démontre que le choix de Ø\(14 \text{ mm}\) est le compromis technique parfait pour ce cahier des charges. Il offre une marge hydraulique confortable de \(15\%\) sous la limite de vitesse admissible, tout en garantissant une intégrité structurelle totale. Le bloc peut désormais passer en phase de mise en plan 2D pour définir les tolérances géométriques de perçage et de positionnement des raccords.


📝 Grand Mémo : La Synthèse de l'Expert

La conception d'un bloc foré n'est pas un simple exercice de mathématiques, c'est un arbitrage permanent entre performance, sécurité et coût. Voici les 4 piliers fondamentaux à maîtriser :

  • 🌊
    1. La Vitesse du Fluide est l'Ennemi Invisible
    En hydraulique, la pression donne la force, mais la vitesse donne les problèmes. Une vitesse excessive (> 5-6 m/s en ligne P) transforme un écoulement laminaire (calme et glissant) en écoulement turbulent (chaotique).
    Conséquences immédiates :
    • Échauffement : L'énergie perdue par frottement chauffe l'huile, détruisant ses additifs et cuisant les joints d'étanchéité.
    • Bruit : Les turbulences créent un sifflement caractéristique désagréable.
    • Perte de rendement : La pression chute avant d'arriver au vérin, la machine perd en force.
    Règle d'or : Dimensionnez toujours le diamètre pour rester sous les seuils de vitesse critiques.
  • 📐
    2. La Loi du Carré : Intuition vs Réalité
    Méfiez-vous de votre intuition linéaire ! La section de passage évolue avec le carré du diamètre (\(S = \pi d^2 / 4\)).
    Cela a deux implications majeures :
    • Pour doubler le débit admissible, il ne faut pas doubler le diamètre, mais seulement le multiplier par \(\sqrt{2} \approx 1.41\).
    • Inversement, réduire le diamètre de seulement 10% (ex: passer de 20 à 18 mm) augmente les pertes de charge de près de 50% !
    Le choix du diamètre se joue au millimètre près : soyez précis dans vos calculs avant d'arrondir.
  • 🛡️
    3. Sécurité Mécanique : Rupture vs Rigidité
    Le calcul RDM (Mariotte) vous donne l'épaisseur minimale pour que le bloc n'éclate pas. C'est un critère de survie. Mais ce n'est pas suffisant pour un critère de fonctionnement.
    Sous 250 bar, l'acier se comporte comme un matériau élastique : il "gonfle".
    • Si la paroi est trop fine (même si elle ne casse pas), la déformation élastique peut venir pincer ou coincer les tiroirs des distributeurs situés dans les alésages voisins (jeu de fonctionnement de quelques microns).
    Conseil Pro : Multipliez l'épaisseur théorique de rupture par 2 ou 3 pour garantir une rigidité absolue du bloc.
  • 🏭
    4. Le Pragmatisme de l'Atelier
    Le meilleur calcul du monde ne vaut rien s'il est impossible à fabriquer.
    • Standardisation : Choisissez toujours des diamètres de forets standards (pairs ou par 0.5 mm). Le sur-mesure est un gouffre financier.
    • Dérive de perçage : Un foret long ne perce jamais parfaitement droit. Il peut dévier de 1 mm tous les 100 mm de profondeur. Vos "murs de sécurité" entre les canaux doivent inclure cette tolérance d'usinage, sinon vous risquez de percer un canal dans un autre (court-circuit hydraulique fatal).
    La conception, c'est l'art de faire converger la physique théorique et la réalité de l'usinage.
"Un bloc bien dimensionné est un bloc silencieux, froid et durable."

🎛️ Simulateur interactif

Modifiez les paramètres pour voir l'impact sur le graphique.

Paramètres
Diamètre min (V=5 m/s) : -
Épaisseur min (Acier) : -

📝 Quiz final : Validation des Acquis

Testez votre compréhension globale des enjeux de dimensionnement hydraulique. Attention aux pièges !

1. Si je double le débit dans un tuyau, comment évolue la vitesse du fluide (à diamètre constant) ?

2. Quelle est la conséquence principale d'un diamètre de perçage trop petit ?

3. Si la pression passe de 250 à 500 bar, comment évolue l'épaisseur de paroi requise ?

4. Le calcul donne un diamètre théorique de 13.03 mm. Quel foret standard choisissez-vous ?

5. 100 bar correspondent à combien de MPa ?

📚 Glossaire Technique Approfondi

Bloc Foré (Manifold)
Pièce massive (généralement en acier, fonte ou aluminium) usinée dans la masse pour créer un réseau tridimensionnel de canaux internes.
Fonction : Il remplace la tuyauterie externe pour interconnecter les composants hydrauliques (valves, clapets, filtres) qui sont directement vissés sur ses faces (montage modulaire ou cartouche).
Avantages : Compacité extrême, élimination des fuites aux raccords, meilleure résistance aux vibrations et aux hautes pressions (> 400 bar).
Inconvénient : Conception complexe et définitive (impossible de modifier un circuit une fois percé).
Pertes de Charge (\(\Delta P\))
Diminution irréversible de la pression totale d'un fluide lorsqu'il s'écoule dans une canalisation.
Physique : C'est l'énergie dissipée par les frottements du fluide contre les parois du tube (viscosité) et par les turbulences (coudes, changements de section).
Conséquence : Cette énergie "perdue" ne disparaît pas : elle se transforme intégralement en chaleur, ce qui échauffe l'huile. Si les pertes de charge sont trop élevées, le système perd en rendement et nécessite des refroidisseurs coûteux.
Laminage
Phénomène qui se produit lorsqu'on force un fluide sous pression à traverser un passage très étroit (restriction).
Effet : La pression chute brutalement, mais comme l'énergie se conserve, elle se dissipe sous forme de chaleur intense.
Utilité/Danger : C'est utile pour contrôler une vitesse (limiteurs de débit), mais c'est un défaut majeur si c'est involontaire (tuyau trop petit), car cela détruit les propriétés lubrifiantes de l'huile.
Cavitation
Phénomène destructeur survenant principalement à l'aspiration des pompes ou dans les zones de très grande vitesse.
Mécanisme : Si la pression locale chute en dessous de la tension de vapeur de l'huile, des bulles de gaz se forment (ébullition à froid). Lorsque ces bulles arrivent dans une zone de pression plus élevée, elles implosent violemment (micro-jets supersoniques).
Dégâts : Ces implosions arrachent des micro-particules de métal, érodant les composants de l'intérieur ("piqûres"), et génèrent un bruit caractéristique de "gravier".
Limite Élastique (\(R_{\text{e}}\))
Propriété intrinsèque d'un matériau (acier, alu). C'est la contrainte maximale (en MPa) que le matériau peut supporter sans subir de déformation permanente.
Analogie : Tirez sur un ressort. Si vous relâchez et qu'il revient à sa taille initiale, vous êtes sous la limite élastique. Si vous tirez trop fort et qu'il reste détendu, vous avez dépassé \(R_{\text{e}}\) (domaine plastique).
Sécurité : En conception hydraulique, on interdit formellement de dépasser cette limite pour éviter que le bloc ne se déforme et ne bloque les tiroirs des distributeurs.
Coefficient de Sécurité (\(s\))
Facteur arbitraire (généralement entre 3 et 4 en hydraulique industrielle) utilisé pour diviser la limite de rupture théorique.
Pourquoi ? Il couvre les inconnues que le calcul ne voit pas : défauts microscopiques dans l'acier (inclusions), pics de pression transitoires non mesurables (coups de bélier millisecondes), fatigue du métal due aux cycles de pression répétés (0 -> 250 bar -> 0), et erreurs humaines.
Bar
Unité de pression usuelle en industrie fluide, bien que non-SI.
Conversion : \(1 \text{ bar} = 100\,000 \text{ Pascals (Pa)} = 0.1 \text{ MPa} \approx 1 \text{ kgf/cm}^2\).
Ordres de grandeur : Pression atmosphérique \(\approx 1\) bar. Pneu de voiture \(\approx 2.5\) bar. Circuit hydraulique standard \(\approx 250\) bar. Découpe jet d'eau \(\approx 4000\) bar.
Débit (\(Q\))
Quantité de fluide déplacée par unité de temps.
Rôle : En hydraulique, le débit détermine la vitesse des actionneurs (vitesse de sortie de la tige du vérin ou vitesse de rotation du moteur hydraulique).
Lien Pression/Débit : Ne pas confondre ! La pression donne la force, le débit donne la vitesse.
Viscosité
Mesure de la résistance d'un fluide à l'écoulement (sa "consistance").
Influence : Une huile trop visqueuse (froide) a du mal à circuler (pertes de charge énormes, cavitation). Une huile trop fluide (chaude) fuit à travers les jeux fonctionnels et ne lubrifie plus assez.
Unité : Le Centistokes (cSt) ou \(\text{mm}^2/\text{s}\). Une huile standard est souvent une ISO VG 46 (46 cSt à 40°C).
Exercice de Dimensionnement Hydraulique - Niveau Ingénieur
Le Saviez-vous ?

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